La dernière métamorphose d’un géant, au Grand Palais
À presque quatre-vingts ans, après une opération qui l’oblige à peindre depuis son lit ou son fauteuil, Henri Matisse (1869–1954) ne ralentit pas : il se réinvente. Jusqu’au 26 juillet 2026, le Grand Palais consacre à cette période finale une exposition d’une ampleur exceptionnelle — plus de 300 œuvres — coproduite avec le Centre Pompidou.
Vous pouvez découvrir ses influences, ses thématiques et les lieux de conservation de ses œuvres ici https://peintres.grains-de-culture.fr/artist/Q5589 et avoir un aperçu de ses créations ici https://galeries.grains-de-culture.fr/index.php?/category/379 (pour des raisons de droit, les images présentées ici sont antérieures à celles de l période couverte par la galerie).
Entre 1941 et 1954, Matisse invente un nouveau langage plastique : la gouache découpée. Saisissant des feuilles de papier préalablement gouachées, il les taille directement à vif — « sculpter la couleur », dit-il — pour composer des formes pures, libres de tout contour dessiné. Ce qu’il nomme lui-même son « second envol » lui permet d’atteindre une simplicité longtemps cherchée, capable de toucher à l’universel. La peinture de chevalet ne disparaît pas pour autant : la série des Intérieurs témoigne d’une intensité chromatique intacte, et les deux pratiques se nourrissent mutuellement jusqu’au bout.
Le parcours, conçu comme une traversée de l’atelier du peintre — en constante métamorphose, œuvres épinglées aux murs, réagencées au fil de l’inspiration —, rassemble peintures, dessins, livres illustrés (Jazz, 1947, présenté avec ses maquettes originales du Centre Pompidou), textiles, vitraux et gouaches découpées monumentales. Parmi les temps forts : les quatre grandes compositions de 1953 réunies pour la première fois en France — La Gerbe (Hammer Museum, Los Angeles), Les Acanthes (Fondation Beyeler), L’Escargot (Tate, Londres) et Mémoire d’Océanie (MoMA, New York) —, ainsi que les célèbres Nus bleus, exceptionnellement réunis le temps de l’exposition. Le programme décoratif de la chapelle du Rosaire de Vence, aboutissement de toute une vie, est également représenté par études et vitraux.
La scénographie, immersive, ne suit pas une simple chronologie mais reconstitue la dynamique d’un espace de travail vivant, où chaque œuvre influence les autres.
INFORMATIONS PRATIQUES
Dates : Du 24 mars au 26 juillet 2026
Lieu : Grand Palais — Galeries 3 et 4
3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Accès :
– Métro : Ligne 1 ou 13, station Champs-Élysées–Clemenceau
– RER : Ligne C, station Invalides
– Bus : Lignes 28, 42, 72, 73, 83, 93
Durée de visite conseillée : 1h30 à 2h
À ne pas manquer cet été à Paris ! Une occasion rare de voir réunies les œuvres les plus monumentales de la dernière période de Matisse — un artiste qui, face à la mort, a choisi d’inventer plutôt que de conclure.
Site web : www.grandpalais.fr

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